Lica et Tiers-Lab

LICA et son Tiers-Lab des Transitions, dispositif territorial de coopération pour la transition écologique et sociale
Localisation : Marseille (Région Provence-Alpes-Côte d’Azur)


Les pratiques évaluatives du LICA et du Tiers-Lab des Transitions (2024)

L’évaluation représente, au Tiers-Lab, la capacité à rendre compte, à avoir des traces de ce qu'il se passe. Il est admis qu’elle puisse permettre un suivi tant quantitatif que qualitatif.

L’impact est un terme qui évoque “quelque chose de presque militaire, de violent, comme un choc”. Il ne révèle pas les actions réalisées mais il est utilisé car il illustre un recensement de données, qui est important pour justifier l’effort. La mesure d’impact va nécessiter une ingénierie financière pour mettre en récit des transitions, “tenter de savoir si notre action en vaut la peine, si l’impact est réel, et aussi de tenter de le qualifier : Impact économique ? Sur la biodiversité ? En termes de bilan carbone ? Ces questions nécessitent de démontrer l’impact du dispositif, sans oublier de considérer qu’il peut aussi y avoir des impacts négatifs”.

L’ambition est d’arriver à qualifier la sensibilité sur les sujets d’écologie dans un rapport culturel spécifique : “C’est une partie de nos besoins, on veut être acteurs de transition pas uniquement par la technologie mais par le volet social et culturel”.

Un travail sur les critères d’évaluation et d’impact a été enclenché évaluation a été enclenchée sur la SCIC Tiers Lab des transitions. Elle porte sur la fréquentation du public avec des critères socio-économiques demandés par le financeur. L’évaluation devra montrer l’utilité sociale, et “plus elle sera quantitative et qualitative mesurable plus on sera finançables”.

Pour tout ce qui est en lien avec la fréquentation du lieu, l’enjeu financier est important et il faut pouvoir démontrer les interactions avec le quartier, la participation à la réhabilitation du patrimoine, l’attention portée à la fréquentation et la mixité. De plus en plus, le lien avec les entreprises devient une réalité incontournable.

Il est important de comprendre que les critères d’évaluation vont traduire un choix de rejoindre certaines filières. Et en fonction des typologies de projets, qui sont très protéiformes, le Tiers-Lab doit pouvoir s’aligner sur les besoins des collectivités en se positionnant sur ces filières.

Un Hackathon a été lancé en février 2024 pour co-construire les modalités d’implantation du RTE sur le territoire. L'ensemble des partenaires ont été mobilisés pour engager une action de modélisation du RTE en format bottom up. La démarche consiste à recenser les acteurs en se plaçant dans une posture d’animation de la coopération, et en laissant émerger toutes sortes de sujets.

🎤 “Nos valeurs engagent notre capacité à faire intervenir le réseau comme accélérateur de la transition”.

En termes d’impact écologique, Le LICA et son Tiers-Lab sont encore dans une considération assez vaste de ce que pourrait être le RTE. Toutefois, ils se sont sensibilisés aux problématiques des acteurs de la transition dans deux filières : économie circulaire et bâtiment durable”.

Un autre axe d’évaluation au LICA concerne la transformation des emplois sous l’effet de la transition écologique. Dans une perspective à la fois politique et financière, il est donc essentiel d’identifier précisément les emplois concernés. Cela implique d’adopter une approche réaliste, fondée sur un véritable accompagnement de la transformation du territoire, notamment à travers des dispositifs de reconversion professionnelle adaptés.

La question du rythme de cette transformation est centrale, afin de trouver un équilibre entre les emplois qui disparaissent et ceux qui émergent. Dans une vision holistique, il est nécessaire de considérer l’ensemble des dynamiques à l’œuvre dans la transformation de l’économie locale, car une analyse partielle ferait peser un risque réel sur la crédibilité de l’action engagée.

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Un autre élément clé du dispositif d’acteurs au LICA réside dans sa démarche coopérative et collaborative, fondée sur une articulation étroite entre acteurs publics et privés dans la conduite de la transition écologique à l’échelle du territoire marseillais.

Cette spécificité s’inscrit dans un contexte institutionnel complexe, où les collectivités territoriales (ville, métropole, département, région) interviennent chacune dans des champs de compétences distincts, avec des cadres d’action influencés par des dynamiques politiques évolutives.
Dans ce cadre, il apparaît essentiel d’adopter une posture proactive dans la construction de montages juridiques et financiers avec ces partenaires, tout en démontrant concrètement la faisabilité et la pertinence de coopérations entre secteur public et secteur privé.

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🎤 “Il est nécessaire pour nous de prouver qu’on sait mobiliser d’autres acteurs, travailler avec de l’argent, qu’on peut apporter des éléments mesurables dans un contexte d’intérêt général : Nombre de personnes formées, d’entreprises créées, tout ce qui peut être mis en comptabilité de bilan carbone, etc.” (C. Talbot).
Entretien mis à jour le 23 mai 2024

Ancien responsable animation de la Cress Sud, Laurent Boy est en poste depuis l’année dernière à la Ville de Marseille en tant que chef de projets filières stratégiques, économie sociale et solidaire, transition écologique. Il est l’interlocuteur de la Ville concernant tous les sujets d’économie sociale et solidaire et il a été impliqué dans l’étude de préfiguration du RTE sur le territoire de Marseille.

L'évaluation d'impact : Quelle vision pour quelle valeur ?


L’évaluation consiste à “faire une photographie sur l’instant d’une situation insatisfaisante, à engager la capacité d’un dispositif à modifier cette situation et à réaliser un reporting suite à ce constat”.

L’impact va englober les externalités générées par le projet, il peut être autant négatif que positif. C’est la “capacité à faire bifurquer des parcours de vie ou à permettre des reconversions ou des revenus d’aide à l’emploi versés au crédit d'une communauté ou de l'intérêt général”.

Il y a certes un tropisme dans le terme impact, porté par le mouvement de l'entrepreneuriat social, mais il est “plus défini que celui d’intérêt général”. C’est aussi un terme plus général qu’utilité sociale qui a des bornes juridiques, mais sans doute une portée plus forte.

Même s’il ne devrait pas y avoir de différence entre les attendus des financeurs et les besoins des acteurs de terrain, car les acteurs de l’ESS et les collectivités publiques sont censés avoir identifié les mêmes besoins, ils ne se rencontrent pas toujours.

Sur la question de l’impact, on déplore une vision plus court-termiste de la collectivité alors qu’il est justement question du temps long. Et il faut considérer également que les collectivités ont besoin de démonstration, donc parfois, sans que cela ne soit forcément exprimé, elles vont s’engager dans des actions dans un objectif de mise en visibilité.

Il est particulièrement important de mettre en lumière les valeurs qui se traduisent en actes dans les projets issus de l’ESS, en se concentrant sur la notion de démocratie qui est un apport important des entreprises de ce secteur : “Ce sont elles qui ont introduit la démocratie dans l’entreprenariat, et si cette capacité à faire société n’est pas nouvelle, elle est néanmoins moderne”.

Il est particulièrement important de mettre en lumière les valeurs qui se traduisent en actes dans les projets issus de l’ESS, en se concentrant sur la notion de démocratie, qui constitue un apport majeur des entreprises de ce secteur : "Ce sont elles qui ont introduit la démocratie dans l’entrepreneuriat, et si cette capacité à faire société n’est pas nouvelle, elle est néanmoins moderne."

L'évaluation : Quelles pratiques entre les acteurs

Pour valoriser les richesses non monétaires, les méthodes d’évaluation les plus pertinentes sont les coûts évités et les actes de facilitation avec lesquels il est également possible de faire bouger les lignes. Il pourrait ainsi être possible de s’inspirer du Medef et des liens d’affaires qu’il développe qui ont la capacité de générer de la coopération, créer des synergies, pour embaucher par exemple.

Il faut pouvoir questionner dans le dialogue de gestion en quoi le partenaire s’est impliqué, en dehors d’avoir participé au financement pour que le projet marche. Il s’agit d’inverser la charge de la preuve. L’ambition est de faire que la réussite ne dépende pas uniquement du financement.

Les facteurs de réussite généraux d’une démarche évaluative"

  • L’intégrer dès le début du projet, systématiser le fait qu’elle soit externalisée, donc financée
  • Être en capacité à s’appuyer sur l’expertise d’usage des bénéficiaires
  • Avoir pour bénéfice d’apporter un cadre sécurisant et gratifiant aux équipes en donnant de la visibilité quant à l'atterrissage des actions qu’elles conduisent, un sentiment de devoir accompli
  • Faire de cette évaluation une démarche continue sans que ce soit lourd à porter

Pour aller plus loin, on peut réfléchir à impliquer la collectivité en tant que bénéficiaire pour mobiliser le RTE. Exemple : Un agent d’une collectivité évolue dans un métier comme la mécanique et la collectivité s’engage dans le passage à l'électrique, donc des besoins de soutien à ces reconversions émergent. Et l’acteur public peut devenir bénéficiaire direct du RTE en fournissant les marchés si on est en format CAE ou en mettant en place une politique RH pour le mobiliser.

“Pour conclure, les sacro-saints indicateurs d’emploi et de chiffre d’affaires sont à bousculer. Il est indispensable de créer ses propres indicateurs avant de se les faire imposer car les freins dans la lecture sont issus d’un héritage long, il y a une déformation professionnelle chez les agents et les élus qui se focalisent sur ces indicateurs-là”

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