BAOBAB

Association BAOBAB, pôle de coopération en émergence dans la lignée des Coopératives de Transition Écologique (CTE)
Localisation : Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, Pays de la Loire)


Les pratiques évaluatives de BAOBAB (2024)

Située à Saint-Nazaire, BAOBAB est une association qui se veut un “Pôle de Coopération” en cours de structuration dans la lignée des Coopératives de Transition Écologique (CTE). L’ambition de BAOBAB est d’accompagner le développement d’écosystèmes coopératifs territorialisés pour créer des emplois durables, non délocalisables, et répondant à des enjeux écologiques et sociaux à l’échelle du bassin de vie de Saint-Nazaire.

Créée en 2020, avec une intégration dès 2022 au sein du réseau Zoein, l’association n’est pas encore engagée dans des pratiques d’évaluation de son dispositif. Elle s’intéresse néanmoins aux enjeux qu’une démarche d’évaluation soulève. Elle impulse en particulier des réflexions et des échanges pour aider le collectif d’acteurs de baObab à se saisir de cette question.

Entretien réalisé avec Emmanuel Nicoleau, délégué général de l’association Version actualisée le 31 mai 2024
➡️Dans l’approche de baObab, fortement empreinte des préceptes de l'Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération (EFC), l’évaluation met avant tout en valeur l’immatériel : “Une confiance, une pertinence, une connaissance. C’est aussi une manière de s’accorder sur la valeur des choses, ce qui signifie que la démarche évaluative doit être partagée collectivement.
➡️L’impact renvoie au progrès technologique, à la logique comptable, il fait référence à quelque chose de rapide, donc d’incompatible avec la mission de BAOBAB : “C’est un mot que nous n’utilisons pas, on parle plus aisément d’effet utile

🎤 “Si on révèle des sources de revenus s'appuyant sur autre chose que des volumes, dans un cadre d’écosystème coopératif, c'est notre vitrine, et c’est indispensable pour notre pérennité”

L’objectif de l’évaluation est de parvenir à révéler des éléments qui permettront de créer des sources de revenu pertinentes, de renforcer et de diversifier les revenus, pour les différentes parties prenantes embarquées : “L’évaluation sert directement à consolider le modèle économique des activités que nous inventons”.

Importante stratégiquement, l’évaluation des actions doit être engagée car le risque d'être cantonné à des indicateurs classiques, qui ne vont pas révéler le sens du projet, est considéré comme important. “La démarche d’évaluation est devenue indispensable pour mettre en lumière les petits effets systémiques positifs produits sur le territoire”.

🎤 “La mesure d'impact telle qu'elle est répandue n’est pas suffisante, nous avons besoin d'aller en profondeur pour témoigner de l’immatériel”
Le référentiel de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération est, pour l’association, un document cadre, “plus opérationnel que le RTE donc plus simple à s’approprier”. La méthode proposée est de l’ordre du témoignage, du récit. Elle consiste à réaliser des entretiens individuels et des entretiens collectifs de réflexion avec comme objectif d’amener à “prendre conscience des choses positives que le collectif est en train de produire”.

🎤 “Il faut montrer une autre voie possible : Pas techno-solutionniste qui ne reposerait pas sur l’individu”
Mais, pour l’heure, BAOBAB n’a pas encore appliqué cette démarche, et n’opère donc pas encore de changement de pratique. Dans la conduite du projet associatif, l’équipe va engager des réajustements, effectués de manière informelle, mais qui ne font pas toujours l’objet de partage ou d’échange en collectif.

Les évaluations réalisées sont uniquement à vocation de démonstration externe, il s’agit de renseigner des chiffres sur les personnes accompagnées, et ce, à la demande des financeurs et sur la base de leurs critères propres. Elles n'illustrent pas le travail réalisé.

Dans l’association, les enjeux liés aux démarches d’évaluation ne sont pas forcément saisis, notamment car ils ne sont pas, à ce stade du projet, suffisamment évoqués en collectif. En effet, même si l’équipe est globalement assez disposée à travailler cette question, l’évaluation du dispositif ne fait pas partie des priorités ni de la culture interne. Or, la démarche doit être partagée et conscientisée et une réflexion doit s’engager ; C’est d’ailleurs pourquoi une des prochaines réunions internes sera dédiée à l’évaluation, avec l’objectif de réfléchir à la question : “Comment on apporte des preuves ?” Également, avec la mise en place d’un premier atelier réflexif pour tenter d’évaluer la manière dont les personnes bénévoles sont positionnées dans l’association, leurs attentes et ambitions, BAOBAB participe à cette idée d’engager l’évaluation de ses actions.

Récemment, une sollicitation de fonds a été faite pour réaliser des capsules motion design afin de mieux saisir ce qui est réalisé chez BAOBAB, en utilisant un format court avec des illustrations, car “savoir comment on restitue notre évaluation est une donnée clé”. La mise en récit, via une capsule vidéo, peut plus facilement illustrer de manière dynamique l’effet systémique local, répondant à la fois aux enjeux territoriaux, économiques et écologiques.
  • Rendre visible le travail de coopération sur le territoire, concrétisé par l’inscription rapide dans l’écosystème local : BAOBAB est aujourd’hui située à la Maison de l’entreprise de Saint Nazaire, grâce au rayonnement de Zoein et à l’organisation du Coopér’action.
  • Réussir à représenter des profils variés, des parcours professionnels différents, qui permettent de se nourrir mutuellement pour intégrer une diversité de milieux et une bonne articulation entre l’institutionnel et le monde du travail.
  • Parvenir à proposer un projet audible et original grâce à une formation aux concepts associés est également une des réussites de BAOBAB.
  • Proposer des séances d’évaluation avec les collectifs d'acteurs avec lesquels l'association travaille, ce qui n’a pas encore pu être réalisé, ce qui n’a donc “pas permis de mettre en valeur le sens de notre accompagnement”. Car participer à l’évaluation des collectifs dans des dynamiques de coopération et entrepreneuriales est indispensable “pour les amener à comprendre que la valeur créée ensemble n’est pas où on l’imagine”. Parmi ces acteurs, dans le rapport aux entreprises, un des enjeux est de trouver comment créer des liens pour coopérer ensemble.
  • Démontrer en quoi BAOBAB se distingue des autres acteurs du réseau. Saint-Nazaire étant un territoire fertile en termes d’aide au montage de projets, l’aspect coopératif n’est pas spécifique à BAOBAB, et “nous avons le sentiment d’avoir manqué de faire valoir la raison d’être de l’association”. Il y a nécessité d’impulser une dynamique de coopération, point d’accroche fondamental du dispositif, l’objectif étant de cheminer par la suite vers une logique servicielle, puis un revenu de transition écologique et enfin, vers une monnaie locale. La difficulté majeure réside dans le fait que “la coopération, chacun estime savoir comment on en fait alors que dans les faits ça n’est pas si simple”.
  • Parvenir à se positionner sur la question du plaidoyer, en lien avec les enjeux soulevés par l’association, distincts de ceux de Saint-Nazaire, ville en situation de plein-emploi.
image Schma_baObab.png (0.2MB)
La culture de l’évaluation, qui prend source dans le socle théorique de l’EFC, s’est avérée utile pour le montage du projet en lui apportant une certaine légitimité, mais elle ne s’est pas intégrée en tant que telle dans les pratiques. Aujourd’hui, BAOBAB réfléchit à s’engager dans des démarches d’évaluation plus formalisées, en s’appuyant sur le retour d’expérience et sur les outils de conception graphique pour les rendre visibles.
L’objectif de baObab est de démontrer la systémie locale créée pour répondre aux enjeux écologiques et favoriser une appropriation globale. Soumise à un enjeu de se distinguer des acteurs du territoire œuvrant également dans la coopération, et de faire communauté avec le réseau Zoein malgré des besoins de territoire différents sur la question de l’insertion professionnelle, baObab cherche un marquage de son identité et de sa spécificité, ce que l’évaluation de son activité et de celle des entrepreneurs qu’elle accompagne pourrait leur permettre d’affiner.
S’appuyer sur les retours d’expérience des autres territoires en termes de pratiques d’évaluation pour s’engager dans une démarche de co-construction au sein de l’association

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