TERA

Association TERA, Coopérative de transition écologique conventionnée en 2019
TERA : Tous Ensemble vers un Revenu d'Autonomie (Écosystème)
Localisation : Lot-et-Garonne en Nouvelle Aquitaine


La proposition de valeur de TERA repose sur une vision intégrée de la transition : contribuer à la revitalisation d’une zone rurale à travers le développement d’une économie locale satisfaisant des besoins vitaux aux habitants, générant des revenus suffisants et s’inscrivant dans les limites planétaires. Il s’agit plus précisément de:
  • faciliter le développement d’activités de formation, production et de distribution : accueil et accompagnement professionnel de personnes souhaitant s’engager dans les transitions sociétales, recherche de financement pour les activités, mise en réseau avec les acteurs économiques et institutionnels pertinents.
  • faciliter la relocalisation des échanges monétaires et la mise en réseau des acteurs économiques poursuivant les mêmes objectifs, à l’aide d’une monnaie citoyenne locale.
  • faciliter la prise en compte à l’échelle du territoire du besoin de réappropriation de l’économie locale, par un travail d’animation territoriale et de sensibilisation auprès de et en coopération avec des collectivités, associations, entreprises et habitants, de façon à travailler avec d’autres à ces objectifs.
  • faciliter l’accueil de nouveaux habitants, désireux de vivre, travailler et investir en milieu rural

TERA agit comme un laboratoire territorial d’économie régénérative, où la valeur créée ne se mesure pas seulement en termes monétaires, mais aussi en externalités positives : cohésion sociale, apprentissages collectifs, santé des sols et des communautés humaines.
TERA déploie une offre d’activités territoriales intégrées, articulant production, formation, animation et innovation sociale.

Développement d’activités de productions alimentaires

Le pôle agricole et alimentaire constitue le socle de la relocalisation économique :
  • La Ferme de Lartel (Masquières): lieu de production et de transformation: maraîchage, boulangerie, cuisine, et autres activités en devenir, orienté vers la souveraineté alimentaire locale.
  • La microbrasserie (Tournon d’Agenais): lieu de production de bière
  • L’Alvéole, épicerie coopérative à Tournon-d’Agenais, relie producteurs bio, habitants et structures locales.

Formation et sensibilisation

En écoconstruction : le CERF
Le Centre d’Écoconstruction, de Ressources et de Formation (CERF) à Trentels a pour vocation de devenir un pôle de formation professionnelle et citoyenne à la transition écologique, tout en produisant des habitats ou éléments d’habitats écologiques.

Ses missions :
  • proposer des formations qualifiantes longues
  • accueillir des chantiers participatifs et des stages pratiques courts (terre crue, bois, énergie)
  • sensibiliser les jeunes et les élus aux métiers de l’écoconstruction et à l’usage des matériaux biosourcés.
  • concevoir et produire des habitats légers et de loisirs et éléments d’habitats écologiques (en configuration) dans un atelier recrutant des stagiaires issus des formations proposées.

Le CERF est membre de la Fédération Écoconstruire, ce qui renforce sa légitimité et son ancrage dans la filière régionale.

D’ici 2027, le CERF vise à former une douzaine d’apprenants/an en écoconstruction, produire 6 à 8 habitats légers autonomes via son atelier semi-industriel, et sensibiliser habitants, élèves et élus. La méthode s’appuie sur un cycle annuel co-construit avec les acteurs locaux, des chantiers écoles ancrés dans le territoire, un partenariat avec la Fédération Ecoconstruire, et les collectivités territoriales.

Jardin collectif et aggradation des sols
Le Pôle alimentaire du Quartier Rural en Transition (QRT) anime un jardin collectif sur la commune de Trentels, lieu de lien social et d’accueil des écoles de la commune, et développe une activité d’aggradation des sols (formation, diffusion et accompagnement autour d’un processus de régénération des sols, en lien avec la profession agricole)

Projet de jardin collectif
Implanté au cœur du Quartier Rural en Transition de Lustrac, le jardin collectif constitue un lieu ressource pour l’ensemble du territoire. Conçu en s’appuyant sur les principes de la permaculture,, il n’a pas pour vocation première une production agricole intensive, mais agit comme un espace vivant de lien social, de pédagogie et d’expérimentation écologique.

Ses missions :
  • Accueillir les habitant.es pour des ateliers réguliers autours des semis, du bricolage, de l’entretien, d’échanges de graines…
  • Développer des activités “pétales” autour du jardinage, partage de savoirs, convivialité…
  • Co-construire des projets éducatifs avec les écoles de Trentels, dont un parcours sensoriel
  • Offrir des espaces d'expérimentation en agroécologie
  • Créer des événements fédérateurs autour du jardin

Projet aggradation des sols
Piloté par Jérôme, Joël, en partenariat avec la chercheuse Céline Basset, l’équipe d’Aggradation des Sols accompagne la transition agroécologique du territoire par l’accompagnement et la formation autour de la régénération des sols. Il constitue un espace d’apprentissage, de recherche-action et de transmission autour du microbiote du sol, de la fertilité naturelle et des pratiques agricoles régénératives.
Ses missions :
  • Concevoir et animer des formations à destination d’agriculteurs, d’élus et de particuliers
  • Développer des espaces d’expérimentation : analyses de sols, tests de méthodes d’aggradation, essais comparatifs.
  • Proposer des ateliers de sensibilisation tout public autour de la biodiversité des sols.
  • Accompagner les acteurs locaux dans la mise en œuvre de pratiques agricoles régénératives.

Accompagnement à la transition
Chaque année, TERA organise des week-end découvertes, temps forts d’immersion permettant à des personnes extérieures de rencontrer l’écosystème, de comprendre les activités (modèle économique, gouvernance, monnaie locale…) et d’évaluer leur envie de s’impliquer.

Ce temps est suivi d’un parcours d’intégration en plusieurs ateliers organisé par la commission d'accueil, offrant des clés de compréhension sur la vie collective, les principes-clés et les valeurs du projet. Cette approche permet à de nouveaux arrivant.es de trouver un cadre sécurisant pour expérimenter, apprendre et entreprendre, dans un territoire rural où l’installation peut être complexe sans réseau d’entraide.

De plus, TERA, en tant qu’expérimentatrice du RTE, propose un accompagnement individualisé pour les personnes en transition professionnelle en installation rurale locale : clarification de projet, compréhension du territoire, mise en lien avec les acteurs locaux, et appui à l’émergence d’activités au sein ou en proximité du Quartier Rural en Transition. (A voir plus bas)

Par ailleurs, Frédéric Bosqué accompagne régulièrement d’autres territoires qui souhaitent s’inspirer du modèle TERA ou développer leurs propres dynamiques coopératives.

Cet accompagnement préfigure la création d’un Campus Rural sur le territoire. Il se veut être un lieu d'accueil de groupes en formation, de chercheurs, de professionnels et de résidents au sein d'un écosystème dont la mission est de former pour transformer le territoire en étant au service de la transition écologique.

Animation territoriale et coopération

Depuis 2023, TERA est reconnu comme Pôle Territorial de Coopération Économique (PTCE). L’équipe d’animation (Marie-Hélène et Clémentine) facilitent le développement du projet Tera au-delà des 6 structures historiques constitutives du PTCE :
  • développement de l’interconnaissance entre le projet Tera et les différents acteurs locaux avec lesquels des coopérations sont possibles au service du projet global;
  • participation au consortium Joala, réunissant huit structures du Lot-et-Garonne autour des enjeux de transition (ESS, culture, éducation populaire, agriculture), et au collectif Enjeux Durables (associations oeuvrant dans l’éducation à l’environnement)
  • co-organisation d’événements permettant l’ouverture, la visibilité et la reconnaissance du PTCE Tera sur son territoire.
TERA ne poursuit pas une logique marchande classique. Son modèle repose sur la diversification des ressources et la mutualisation des moyens à l’échelle de l’écosystème. TERA cherche à démontrer qu’une économie territoriale peut être autonome et soutenable, en s’appuyant sur des flux locaux plutôt que sur des capitaux externes. Cette logique se traduit par :
  • la circulation de la monnaie locale L’Abeille, qui renforce la résilience économique ;
  • la création d’activités utiles mais non immédiatement rentables (écoconstruction, transformation alimentaire, animation territoriale) ;
  • la reconnaissance de la valeur non monétaire (coopération, apprentissage, santé du collectif).

Sources principales de financement

  • Subventions publiques : Région Nouvelle-Aquitaine, Département du Lot-et-Garonne, ADEME, Europe (FEDER) et État (programme PTCE).
  • Fondations privées : Fondation de France, Fondation Salvia, Fondation Zoein.
  • Recettes propres : ventes de produits alimentaires, formations, hébergements, ateliers, contributions volontaires. Cette source est destinée à croître au fil des années, au fur et à mesure que se développent les activités productives, de façon à rendre l’écosystème territorial de plus en plus autonome.
  • Mécénat et collecte de dons : via le Fonds de dotation SDH pour soutenir le développement du revenu de transition et des infrastructures collectives.
  • Levée de fonds pour collecter des apports en fonds propres de la SCIC Quartier Rural en Transition auprès de personnes physiques ou morale: titres participatifs, apports en compte courant, prise de parts sociales

Principales sources de revenus et postes de dépenses :


Nombre d'équivalent temps-pleins

Association TERA : 3,8 ETP
  • Comptable
  • Secrétaire général (DAF et RRH),
  • Chargée de sensibilisation
  • Coordinatrice
  • Assistante administrative

Coop du Tilleul : 0,4 ETP
  • Épicier

SCIC QRTL : 7 ETP
  • Directrice du CERF
  • Charpentiers et coordinateurs de formation
  • Chargée d’accompagnement social
  • Chargé de maintenance
  • Assistante administrative
  • Animatrice territoriale
  • Animateur du jardin partagé

Accompagnement des porteurs de projet


Accompagnement entrepreneurial
L’accompagnement des porteurs de projets est en cours de reconfiguration. Historiquement assuré par Frédéric Bosqué, il est désormais organisé autour d’un binôme central : Frédéric Bosqué et Stéfan, nouveau DAF–RRH de l’association.

Ce binôme joue un rôle de plaque tournante : il accueille les demandes, soutient les démarches entrepreneuriales (clarification du projet, organisation, gestion, modèle économique) et oriente, lorsque nécessaire, vers des dispositifs d’accompagnement plus spécialisés (ex. monde agricole, formation rémunérée, dispositifs territoriaux).

L’objectif n’est pas d’apporter un appui technique sectoriel, mais de cultiver une démarche entrepreneuriale : structuration de projet, appropriation des outils... L’activation de financements de formation est possible selon les situations.

Accompagnement technique par les pairs
Le soutien aux porteurs de projets repose aussi sur une forte logique de coopération interne. Selon les besoins (techniques, logistiques, juridiques, communication…), les membres de l’écosystème apportent une expertise ponctuelle. Cet accompagnement n’est jamais pensé comme un suivi individuel isolé, mais comme un appui collectif, mobilisant plusieurs personnes selon les compétences nécessaires.

Cette approche crée une dynamique d’entraide structurée par la réciprocité : chacun reçoit un soutien, et chacun contribue à celui des autres, selon ses savoir-faire.
TERA expérimente une gouvernance partagée et évolutive, combinant horizontalité et verticalité.
Le projet s’appuie sur un écosystème de six structures juridiques complémentaires (membres actuels du PTCE TERA, labellisé en 2023, structurant la coopération territoriale entre acteurs publics, privés et associatifs.) :
  • L’Association TERA, organe historique, chargée de la coordination générale du PTCE, du suivi scientifique, garant de la vision politique du projet, et porteur de fonctions support soutenant les autres structures (communication, ingénierie financière, RH, accueil, …) ;
  • La SCIC Quartier Rural en Transition de Lustrac, qui porte le développement du Quartier Rural en Transition de Lustrac, en partenariat avec la commune d’accueil, Trentels. Au sein de ce quartier se développe l’activité d’écoconstruction (CERF: formation, sensibilisation et production), mobilité et énergie, aggradation des sols et jardin collectif. Et à venir, une zone d’accueil de stagiaires, étudiants et écotouristes (campus rural).
  • L’association Coop du Tilleul, dédiée à la production agricole, la transformation et la distribution alimentaire (épicerie l’Alvéole, ferme de Lartel, microbrasserie) ;
  • Le Fonds de dotation Solidarité pour un Développement Humain (SDH), structure de financement et de mécénat ;
  • L’association l’Abeille Monnaie Citoyenne, développant la monnaie citoyenne locale ;
  • La SCI le Tilleul, Société Civile Immobilière propriétaire de la ferme de Lartel et du terrain du Quartier Rural en Transition de Lustrac

La gouvernance interstructure :

La gouvernance est en cours de refonte depuis 2024, avec un accompagnement de l’Université du Nous, pour mettre en adéquation notamment son organisation et son statut de PTCE (professionnalisation, plus grande formalisation et lisibilité pour des acteurs extérieurs)

Elle combine:
  • La gouvernance de chacune des structures, notamment celle de l’association Tera dont la fonction est centrale dans le PTCE
  • La gouvernance du PTCE: avec une (i) instance rassemblant des représentants des structures, le CEPE (Comité Enthousiaste de Pilotage de l’Ecosystème) (faciliter la synergie, et la prise de décisions stratégiques), (ii) une réunion rassemblant tous les deux mois toutes les personnes actives dans le PTCE (circulation d’information, cohésion, interconnaissance)

Dans toutes ces structures, des pratiques facilitent la coopération
  • des outils d’animation de réunion : météo du jour, guetteur d’ambiance, tours de clôture ;
  • des commissions (pour l’association Tera: accueil-intégration, coopération écosystémique, communication)

TERA s’est inspiré à l’origine des travaux de Frédéric Laloux sur les organisations “opales” : raison d’être évolutive, autonomie des acteurs et recherche de complétude. La mise en oeuvre d’une telle intention restant complexe, Tera s’est appuyé tout au long de son histoire sur les outils et pratiques développées dans différents modèles de gouvernance partagée (sociocratie, par exemple), et plus formellement a cherché à s’inscrire dans le référentiel de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération

Par exemple, les pratiques de REX (retour d’expérience), animées par des facilitateurs formés, permettent d’analyser les tensions, valoriser les apprentissages et renforcer la cohésion. Le chantier à venir est d’introduire plus de dispositifs de réflexivité dans le PTCE.

Implantation sur le territoire

L’Association est implantée sur plusieurs sites du territoire.

À Masquières, site historique d’implantation, elle accueille la Ferme de Lartel, où sont développées des activités de maraîchage, de transformation alimentaire, de boulangerie ainsi que des actions pédagogiques.

À Tournon-d’Agenais, qui constitue le cœur administratif et logistique du projet, se trouvent les bureaux, des espaces de réunion, ainsi que plusieurs activités économiques, dont la microbrasserie et l’épicerie coopérative L’Alvéole.

Enfin, à Trentels, le Quartier Rural en Transition de Lustrac représente un nouveau pôle structurant. Il a vocation à regrouper différentes fonctions, notamment de l’habitat léger, des solutions de mobilité, des activités de restauration, un centre de formation ainsi que des espaces de jardin.

Partenaires locaux

L’Association s’appuie sur un réseau de partenaires diversifiés à l’échelle du territoire. Elle collabore notamment avec les collectivités territoriales (Région et Département), des structures de formation telles que les Compagnons Bâtisseurs, le PERF (Tarnos), la Mission Locale, ainsi que des établissements scolaires (lycées généraux et professionnels, collèges, écoles).

Elle travaille également avec des acteurs économiques locaux, parmi lesquels la CAPEB 47, des artisans, des agriculteurs et des entreprises du territoire, ainsi qu’avec des partenaires associatifs tels que La Maison Forte, Le Belvédère ou encore Les Petits Grains.

Ces coopérations se concrétisent par la mise en œuvre de projets communs, comme le jardin partagé de Lustrac, des parcours éducatifs en milieu scolaire, des chantiers collectifs ou encore des événements ouverts au public.

Partenaires nationaux

TERA est membre actif du Réseau Zoein France, au sein duquel elle participe à la co-construction des outils liés au Revenu de Transition Écologique (RTE), notamment le référentiel d’évaluation et le fonds national.

Par ailleurs, l’Association s’inscrit dans plusieurs partenariats structurants. Elle a notamment travaillé avec ATEMIS afin de se former et d’intégrer dans ses pratiques des méthodes d’évaluation et de réflexivité issues de l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération (EFC). Elle est également accompagnée par l’Université du Nous sur les enjeux de gouvernance et de coopération.

TERA collabore avec la Fondation de France, dans le cadre du programme « Acteurs Clés de Changement – Inventer Demain », ainsi qu’avec Zoein, pour le financement et la capitalisation des expérimentations menées.

Elle participe au réseau des Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE) de Nouvelle-Aquitaine (rencontres annuelles, retours d’expérience, démarches de codéveloppement, actions de plaidoyer), ainsi qu’au réseau national.

Enfin, l’Association entretient des liens avec la Coopérative Oasis (notamment autour du financement et des échanges lors de rencontres annuelles) ainsi qu’avec le Mouvement Français pour un Revenu de Base.

Effets sur le territoire

L’écosystème TERA contribue à :
  • la revitalisation locale de l’économie (emplois, production, services) : création d’activités, avec notamment la réalisation la plus significative, un centre de formation et de production en écoconstruction créant des emplois, et des compétences locales. D’autres activités de production, en lien avec des besoins vitaux: alimentation, mobilité, énergie, connaîtront un déploiement plus important dans les prochaines années
  • La mise en réseau des acteurs économiques via une monnaie citoyenne locale
  • La diffusion d’une culture de transition dans le Lot-et-Garonne, par ses propres activités (sensibilisation à l’écoconstruction, activités pédagogiques existantes ou en préparation sur ses différents sites), et en lien avec d’autres structures du Lot-et-Garonne (collectif Enjeux Durable, Consortium JOALA)
  • L’accueil de nouveaux habitants désireux de vivre et travailler en ruralité, notamment des jeunes actifs, et plus généralement l’attractivité du territoire comme lieu de vie ou d’inspiration (campus rural en préparation sur le Quartier Rural en Transition).
  • La culture de la coopération dans le domaine économique, légitimé pour cela par sa reconnaissance institutionnelle comme PTCE, et par le développement concret d’actions en coopération (développement des activités du CERF, co-organisation d’événements, inscription dans des collectifs locaux)